Tahirou Somparé (Levy Bobo) : «Franchement la musique guinéenne d’aujourd’hui est en retard »

by Kolazine / il y a 102 mois / 0 Commentaires
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Levy Bobo est un artiste guinéen qui a fait parler de lui à travers son album « Bobo », la semaine dernière, il a rendu visite à la rédaction de Kolazine et de fax de Guinée. Nous avons profité pour lui poser certaines questions, dans cette interview, Lévi nous parle de son parcours, de son album, de la musique guinéenne mais aussi de son actualité. Lisez !

Parle-nous de ton parcours artistique?

J’ai commencé d’abord par la dance avec mes amis dans les années 94-95, dans un groupe qu’on appelait les génies de Matam. Ensuite dans les années 1998, j’ai commencé à jouer le « Gongoma » qui est un instrument traditionnel, derrière l’artiste Bouba Rasta qui n’est plus.
En 2003, j’ai fais mon apparition dans le clip du morceau « Légué Légué Faré » de l’artiste Doudou Benny. Un clip que j’ai participé avec Mai Tanaka qui est aussi devenue aujourd’hui une bonne artiste-chanteuse. Mais il faut dire que c’est le 23 septembre 2011 que j’ai entamé ma carrière professionnelle dans la musique à travers mon album intitulé « Bobo ».
Justement parle-nous de cet album ?

« Bobo » est un album composé de 12 titres, produit par Mohamed Coker et enregistré dans le studio d’Alphonse à Coléah, avec les arrangements de Mohamed Sandaly.

L’on sait que cet album à beaucoup cartonné à Conakry, mais est ce que tu as bénéficié quelque chose en terme de recettes ?
Je n’ai pas eu beaucoup d’argent, mais je dois quand même vous dire, que ça m’a ouvert beaucoup de portes. Parce qu’il m’a permis d’effectuer beaucoup de voyages en Europe à travers des tournées notamment, en Hollande, Belgique, Allemagne et la France. J’ai pu obtenir de bons contrats.

Quelles sont tes sources d’inspirations ?
La vie, l’actualité, la société mais la nuit m’inspire beaucoup.

Qui dit artiste, dit forcément manager. Est-ce que tu en a un ?

Mon premier manager, Tigana est décédé que son âme repose en paix. Il avait beaucoup fait pour moi, c’est lui qui m’a aidé à trouver mon producteur. Aujourd’hui je suis avec un autre qui s’appelle Nabé. Et j’ai connu ce dernier par l’entremise du mémé Tigana. C’est pour vous dire combien de fois il a participé à ma carrière.

Quelles sont tes actualités ?
Je suis entrain de préparer un nouvel album qui va être un véritable « poison ». Un album qui va vraiment faire du bien aux fans, je sais qu’ils m’attendent impatiemment, mais bientôt ça va venir.

Tu as déjà trouvé un nom pour l’album ?

Ah oui, il s’intitulera « Gbalan Gbalan », je suis déjà en studio et après le mois de Ramadan, je dois commencer la promo.

Vous avez souscrit à l’assurance maladie?

Pas encore je sais que c’est très important, je le ferrai inch Allah dans peu de temps.

Dis-moi, comment tu vois l’évolution de la musique guinéenne

Franchement la musique guinéenne d’aujourd’hui est en retard, il faut que l’Etat prenne en charge la culture guinéenne. C’est vraiment pitoyable, les autres pays sont en avance par rapport à nous, il faut partir en Europe pour s’en convaincre. Les structures sont avec des grandes maisons de production. Par contre les producteurs guinéens sont des profiteurs. Ce sont eux qui gagnent généralement. Donc je dirai à l’Etat encore de continuer à soutenir les artistes, il faut que les artistes aient un salaire par moi pour leur permettre de surmonter certains problèmes.
Quelles différence faites vous entre les artistes guinéens d’ici et d’ailleurs ?

Je pense que les artistes guinéens d’ici travaillent beaucoup, parce qu’ils ne sont pas sous pressions, ils ne sont pas recherchés par la police pour des raisons de papiers. Par contre, ceux qui sont en Europe sont soumis à des contraintes parce que la plupart sont des sans papiers, ils vivent souvent en cachette. Rarement ils sont invités dans des concerts, les promoteurs préfèrent les artistes qui cartonnent au pays. Parce qu’avec ceux-ci, ils moins de problèmes.

Le mot de la fin ?

D’abord je remercie le site kolazine.com qui m’a donné cette opportunité de m’exprimer aujourd’hui, merci également à mes partenaires, Légous, Damaro, Nabé et Basile. Mais grand merci à mes fans qui ont soutenu et qui continuent de me soutenir, je vous informe que je suis en route avec une très grande vitesse.

Propos recueillis par Mamadou Samba Bah







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