Edito du numéro 017 du journal Fax de guinée: Les rumeurs biaisent les efforts du gouvernement

by Kolazine / il y a 65 mois / 0 Commentaires
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Avant de venir à bout de la très meurtrière fièvre hémorragique à virus Ebola sévissant depuis plus d’un semestre dans notre pays, avec un bilan macabre de près de six cents morts dans notre pays, les autorités et les populations guinéennes doivent faire face à d’autres ennemies plus redoutables que sont les rumeurs qui, en plus de la situation de panique qu’elles créent, tuent plus que l’épidémie elle-même. Pour s’y prendre, il est vrai que le gouvernement ne ménage ni les moyens matériels et financiers à sa portée, ni son énergie, ni les démarches diplomatiques dans le cadre de la mobilisation des fonds nécessaires pour remporter la victoire finale d’une guerre ouvertement déclarée contre Ebola par le chef de l’Etat. La société civile, les media audiovisuels, la presse écrite, les communicateurs traditionnels, le porte-à-porte et les causeries éducatives, les meetings populaires impliquant les autorités administratives, politiques et les élus locaux… toutes les pistes menant à la cible principale, les populations à la base, ont été minutieusement explorées. Pour une campagne à outrance de sensibilisation qui, comme par miracle, a du mal à produire tous les résultats escomptés. Maintenant la courbe de propagation du virus maudit dans son élan ascendant inversement proportionnel à la croissance économique préalablement envisagé. En dépit de tout, les Guinéens, illettrés pour la plupart, continuent à croire aux rumeurs les plus folles, faisant état du fait qu’Ebola est une scientifique invention soit du gouvernement soucieux de détourner l’attention des populations à la base sur la précarité ambiante ou des Occidentaux dans leur prétendue velléité d’extermination du peuple noir d’Afrique de l’ouest. Certains vont jusqu’à dire que les Blancs seraient en train de collectionner des os des hommes noirs pour des fins que nul ne sait malheureusement. La conséquence, c’est qu’au lieu de s’attaquer au virus, le véritable agent vecteur de la maladie d’Ebola, de nombreux compatriotes s’en prennent aux volontaires de la Croix rouge et autres agents sensibilisateurs qui, envers et contre tout, ont décidé de mettre leur propre vie en danger pour sauver les autres. N’est ce pas une ingratitude à leur endroit ? Sinon, comment comprendre que des villageois, réputés paisibles, vont jusqu’à prendre des responsabilités sur eux de s’attaquer à des délégations officielles comprenant des hauts cadres de l’Etat, complètement désarmés, qu’ils massacrent. Ou que des jeunes gens acceptent de déballer le corps de leur maman, après une confirmation officielle du décès de cette dernière des suites d’Ebola, alors même que l’on s’apprêtait à l’enterrer ? That’s the question.
Marco Ibrahim







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Kolazine


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